Du dessin...

 

 

      

« Je dessine sur le vif au moyen d’un crayon 2B contre un papier à grains de 180g. Mes moyens sont simples, mon sujet immuable : l’apparence du réel. En enlevant au papier une part de sa blancheur, je réalise ce qui m’apparaît. Partant d’un paysage (réel comme une ville ou un large fleuve), je fais un paysage (apparent comme un tableau) ; d’une vue, je fais une vue. Tout mon travail de dessinateur appartient à cette interface articulée et symétrique du réel et de l’apparent.

C’est bien sûr une question de géométrie. Elle vise la présence d’un espace. Elle la porte en image, comme un fait de perspective tenu par l’horizon, comme le récit d’une vision confrontée au regard.

Mais le dessin ne se limite pas aux seuls traits de l’image. Il est fait de charbon frotté sur le papier, de force plus ou moins appuyée, aiguisée, émoussée. Il n’a pas moins de substance que le corps du monde qu’il évoque. Dessiner c’est réaliser matériellement une apparence du réel, le convoquer en présence. L’optique n’y suffit pas. Il s’agit encore d’extirper du réel la matière de l’apparent et de la restituer corporellement, à pleine main.

Mes dessins s’attachent à capturer cette matière graphique que la lumière révèle. Oubliant les contours des silhouettes, ils ne retiennent souvent que l’ombre qui les caresse et convertit le crépitement des feuillages en touches, le grain des pierres en lignes et points, les surfaces en tâches plus ou moins lentes, en densités variables. Dans l’apparence du réel, ils cherchent la matière et par elle, la figure de l’abstrait, la substance du visible. »

Eric lefeuvre

  

Commentaires (1)

1. jacob (site web) 20/02/2011

très beau travail, félicitations ont sent le "vrai" dans vos dessins
jacob

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