CAMINOS

 

SEPT CARNETS, 

 

SIX CHEMINS

 

 VERS SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE

 

 

Fragments de petits carnets griffonés en marchant

 

 

Camino del Ebro,

De Tortosa à Comillas

 du1er août 2017 au 15 août 2017

 Les sacs, les affaires, la course aux coussins manquants pour gonfler dans le car, dormir aux étoiles et peut-être près des bains sur la seconde étape. Un spay anti-moustique, liqueur de géranium, à vaporiser sans nuire à l'air intact. Un carnet; le voici! Un cahier aux papiers plus forts que les précédents; pas trop lourd tout de même, encore trop fin sans-doute. Je m'étais promis de me le fabriquer; en vain, comme souvent; pas toujours tout le temps. j'ai rechargé mon crayon gomme,trié mes 2B, publié des messages , reçu des mots et des signaux. J'ai retrouvé mon couteau de buis,mon gobelet d'aluminium, acheté des récits brefs écrits en castillan...

 

tortosa 1

/  Tortosa // Cathédrale Santa - Maria /

 

2017 08 17 14 32 09

/  Tortosa // Calle d'en Ebro /

 

Ces drôles d'entomologistes

épinglent des papillons

sans leur percer le coeur,

 

                                                                                                                            de peur qu'ils ne s'assèchent

 

Leurs filets sont des ailes

aux blancs bonnets pointus

"comme des astrologues",

des instants hérissés,

 

                                                                                                                                de longs chapeaux de fée.

 

 

 

Au regard du canal les reflets sont des rimes

figées dans l'eau  glissante des noirceurs intimes,

dessinées en pein jour au croissant d'une voûte,

elles soufflent des étoiles aux nuages des routes.

 

2017 08 17 14 32 58/   Benifallet // Depuis la vieille gare /

 

La vieille gare de  Benifallet n'est pas à Beniffalet; mais sur la ruta verde, l'anciennevoie ferrée aujourd'hui reconvertie en voie douce. Pour atteindre le village patronyme à une dizaine de km par la route, il fallait descendre  par un chemin au pied de la montagne et prendre un bateau pour rejoindre l'autre rive de l'Ebre ( à l'époque, il n'y avait pas de pont). Franco en personne avait inauguré l'équipement!  L'idée était de développer un territoire  ( de semer du progrès jaloné de soldats)  ... Evidemment ça n'a pas marché. Mais  la gare abandonnée a été maintenant reconvertie en une  très agréable halte ( on peut y dormir, s'y restaurer (très bien!); il y a aussi de concerts...). Curieusement, les guides de pèlerins n'en parlent pas et l'office de tourisme de la voisine Tortosa  semble ignore son existence! Pourquoi?

  Je n'ai pas dessiné la gare : je la trouve sèche et moche. Le paysage autour est en revanche délicieux : la montagne et ses parfums balsamiques...  Que le pèlerin, le marcheur, le cycliste  le mette à son programme sans hésiter !

 

 

 

2017 08 17 14 34 20/   Gandesa /

 

 

2017 08 17 14 35 37

/  Caspe /

 

 De vos noms, je retiens,

comme des paysages aux formes cultivées

d'épines et de fossés,

 l'oubli  des sentiments,

au fin-fond des coquilles.

 

  Dinosaures en cohortes, alignés en vignobles

voyez-vous dans le ciel  vos fantômes sauvages ?

voyez-vous dans les rangs,quand les piquets s'inclinent,

 des cous sinusoïdes?

 

De vos noms, je retiens,

comme des sentiments aux formes de coquille

d'épines et d'oublis,

 les fossés cultivés,

au fond des paysages

 

 

 Vos sexes de mamelles ont les yeux en cascades;

Grains violets outre-noir, vents transparents si clairs.

Sous vos peaux frangipane,

dorment des bébés seiches

les ailes repliées sur une entéléchie.

 

De vos noms, je retiens,

comme  un fossé d'oubli sur des formes d'épine

des cultures en coquilles,

 et puis des paysages,

au fond des sentiments.

 

chiprana /  Chiprana /

 

2017 08 17 14 37 21/  Escatrón /

 

2017 08 17 14 38 36

/  Velilla de Ebro /

 

2017 08 17 14 39 31

/   Fuentes de Ebro /

 

alagon

/ Alagón /

 

Des bottes vertes de luzerne

ombrent les sillons

d'angles noirs.

 

 Un Don Quichotte en marche

verrait bien un troupeau

dans ces tas avachis.

 

 Sans corne  ni clochette,

ils ruminent un destin

 de granules à l'étable.

 

 

gallur1

/   Gallur // Depuis la place d'Espagne /

 

Gallur 2

/  Gallur / Cierzo /

 Du haut d'un escalier panoramique, un  dessin express fait sous un vent épouvantable ( et froid).

 

2017 08 17 14 45 18

/  Buñuel  /

 

2017 08 17 14 46 09/   Tudela // La loco dans l'eau /

 

2017 08 17 14 47 05

/   Tudela // Depuis la cathédrale /

 

2017 08 17 14 25 51/   Tudela // Calle Ruiz de Conejares /

 

2017 08 17 14 23 45

/   Tudela // Depuis la Plaza Mercadal /

 

 

 

 Camino del Norte,

De Hendaye à Comillas

 du 31juillet 2016 au 13 août 2016

Hondarribia

/ Hondarribia /

Fait hors chemin,mais sur le chemin ( nous sommes passés par le pont).

 

Pasaia

  / Pasaïa /

Fait hors chemin,mais sur le chemin.  Nous avons dormi dans la petite albergue à coté de l'ermitage de Santa Ana.

 

Orio caminos 2016 / Orio /

 

Zumaia 1 / Zumaïa - covento San Jose /

    Un petit dessin croqué sur le bord du trottoir en attendant l'ouverture de l'albergue, dans le  vieux couvent  aux beaux planchers cirés.

 

Zumaïa 2

  / Zumaïa /

 

Les rochers viennent ou se transforment.

Soudains ou polis,

ils portent, de leurs dépôts,

la marque de leur chute.

Et dans leurs angles ronds,

l'eau salée et le vent.

 

 

Deba

/ Deba /

 

 

Nulle part, le pied de l'arc-en-ciel.

Nulle part, une oursonne en étoiles,

ou bien en casserole.

Nulle part, de la mer et du ciel,

le trait de leurs baisers.

 

Nulle part, le fin-fond du chemin,

comme un rond de lumière dans le couvert de l'ombre.

Nulle part, le nuage englouti

dans la flaque aux miroirs.

Nulle part, leurs blancs dessins

sont dinosaures neigeux.

 

Et pourtant je les vois,

les nomme et les saisis.

Je les ai en mémoire.

 

Là, dans un grand chaudron,

un trésor de gemmes.

Là, des marins anciens

ont ancré les boussoles  de leurs courses nocturnes.

Là, des pieux croque-morts,

et parfois des poètes,

ont trouvé l'interstice de la Terre et du Ciel.

Là, des bouts de tunnels

accouchent de symboles.

Là, des peintures fauves

comme  nuages blancs.

 

 Mais nulle part, ils ne sont.

Et je les ai en moi.

 

 

Img 6163 / Guernika /

 

Larrabetzu / Larrabetzu /

 La tenancière du café  (etorki) où je m'étais installé était très énervée ( le fait que je dessine à sa terrasse?).Quand je lui ai demandé un deuxième thé, elle a explosé...   Deux espagnoles mangeaient ensemble. L'une d'elle, très choquée par l'agressivité de l'hotesse- tenancière, est allée  directement chercher un thé au bar pour me l'offrir.  J'en fus très touché. Du fond du coeur , je la remercie de sa gentillesse et de son attention.

 

Img 6165

/ Larrabetzu /

 

Sestao

/ Sestao /

 

Castro

/ Castro- Urdiales /

 

 

  Eglises

 

 De hautes forteresses d'ombre,

emprisonnée  dans l'effroi des chandelles.

 Un chant clair-obscur

hurle

de flammèches.

 

 Théâtres caverneux,

 couvert opaque de hauts murs.

Un vent rupestre

éventre

des corps nus.

 

Des temples sans fenêtres

distillent

la lumière

qui n'y pénètre pas,

le jour

qui n'y vient pas,

qui n'y vient pas,

qui n'y vient pas,

 

mais s'y dépose.

 

 

Laredo / Laredo /

 

Guemes / Güemes /

 

Etreinte d'un champ bleu dans un bouquet d'aiguilles,

voici, dans la verdeur, l'indigo d'une fleur.

Cri de l'été bientôt mort,

fanaison d'herbes folles,

merveille.

 

 Par la brume fumée de l'aube en gouttes,

il perce le soleil.

Avant qu'il ne s'étiole.

Orange des clochettes,

couteau.

 

 

 

Cn boo de pielagos /  Boo de Pielagos /

 

Cn cobreces /  Cobreces /

 

Cn comillas /  Comillas /

 

 

 De llanes à  Baamonde

 du 2 août 2015 au 16 août 2015

 

Poo de llanes

   

/ Poo de Llanes /

 

 

 

Poo de llanes 3

/ Poo de Llanes /

 

 

San martin

 

L’ermitage émietté a retenu sa voûte.

Son rond portique ouvert,

Est arqué vers le ciel.

Des bleus rochers, l’amer

De cantiques lointains s’égrène sur la route.

 

 

 Niembros

 

 Eglise et cimetière ont uni d’un reflet leur chemin vers le ciel.

 Dans les eaux d’un miroir, des barques de couleur ancrent  des traversées

 Où filent, immobiles, les mystérieux  glacis d’une icône de miel.

 Un tableau  clair-obscur  ressuscite les ailes d’un ange pétrifié.

 

 

Ribadesella

      Ribadesella

 

 

 

  Playa de Vega

 

 Surfaces emmitouflées d’aluminium blanc,

 Conserves à roulettes, graisseux entassements,

 Caissonettes d’ordures aux recoins du parking,

 Saucissons à moteurs échappés du camping,

 Blessures de l’océan qui heurte le rivage,

 Arrogants  détrousseurs des plus grands paysages,

 Voici les camping-cars, amoureux ravageurs

 Acollés aux pare-brise de leurs téléviseurs,

 Contre la plage nue.

 

 

La isla 1

La Isla

 

 

Eclat

 

Un bouquet de trompettes bleues hurle un chant d’abondance.

………………………………………………………………………….

………………………………………………………………………….

…………………………………………………………avant l’ombre.

 

 

Villaviciosa

Villaviciosa

 

 

 

 Mûres

 

Dans la pulpe des mûres, le goût sucré des ronces.

Un caviar rouge-perle me craque sous la dent.

Dans un fracas d’épines, le goût sucré des ronces

 Sillonne en griffonnant des granules de sang.

 

 

Gijon

 

/ Gijon /

 

 

Aviles 1

/ Aviles /

 

 

Cadavedo

/  Cadavedo /

 

 

 Là !

Au détour d’un moineau,

La mort, au fond d’un caniveau.

La mer et ses rouleaux.

 

Navia

  / Navia /

 

 

Tapia de c 1

  / Tapia de Casariego /

 

 

Tapia de c2

  / Tapia de Casariego /

 

 

Ribadeo 1

  / Ribadeo /

 

 

Ribadeo 2

  / Ribadeo /

 

 

Lourenza

  / Lourenza /

 

 

 La ferme du chemin

 

La ferme du chemin a deux grands yeux ouverts.

Sous son toit effondré, les ronces ont fait leur nid.

Insectes et moineaux  s’entremêlent au couvert

Des chats bleus et des rats qui farfouillent la nuit.

 

 Dans les crèches et les niches, au gris des volets clos

 Se murmureraient ici les échos devinés

 D’un album flétri aux rustiques  tableaux,

 D’un cochon mis à table aux cris d’un nouveau né.

 

 Les ronrons endormis  de ces clichés pastiches

 Trainassaient en rêvant sous mes paupières closes

 Ils s’ouvrent maintenant sur la béance en friche

 D’une ruine entrouverte  au spectre d’une rose.

 

 La toucher, la cueillir, la prendre par la main !

 Arracher aux broussailles son fantôme exhumé !

 Sans m’attarder à croire qu’on chercherait  en vain

 Dans ce qui est perdu, la mémoire de jamais.

 

 

Vilalba

  / Vilalba /

 

 

Tapioca

 

 T’en souviens-tu ?

 D’un ennui impatient, les heures inaccomplies nous laissaient au rivage.

 Elles murmuraient sans bruit, des vagues sans écume qui s’épuisaient en rond.

 Dans une assiette en flaque, la grisaille du ciel inondait des potages

 Embourbés d’alphabets beige-crème et gluants ; indécis et sans nom.

 

T’en souviens-tu ?

Nous glanions en dérive les fragments déchirés des vaisseaux abattus,

Sur l’arène échoués, comme au bord d’une écuelle, des lettres empâtées.

De mots défigurés, nous reprenions les fils de romances déchues,

 Paroles englouties de poèmes effacés qui n’ont jamais été.

 

 T’en souviens-tu ?

 Du haut des grains de sable, mes pierres en ricochets coulaient toujours à pic,

 Au bout d’une fourchette, un héron au long bec pêchait quelque prénom

 Dans la triste lumière de la toile cirée  j’écrivais un Eric

  De quatre lettres molles,  sur la rive en faïence d’un jaunasse bouillon.

 

 T’en souviens-tu ?

 Comment d’un pied trainant, nous écorchions le sable  de dessins bien plus grands. 

 Comment d’un bout de bois, nous faisions un radeau partant pour l’horizon 

 Et comment nous lancions au plus lointain du ciel, jusqu’au soleil couchant

 Des paroles magiques pour enflammer la rive au feu de ses rayons !

 

 

Bilbao

/  Bilbao /

 

    3h de correspondance, un long retour en bus vers la france

( 18h d'autocar de La Corogne à  Bordeaux)

 

 

 

 

 

 

 

 

 Camino de la Plata,

 

Camino Sanabrès

 

 

 De Merida à Salamanca 

 du 5 août 2013 au 17 août 2013

et de

Salamanca à Ourense

du 28 juillet 2014 au 11 août 2014

 

 Merida 3

   / Merida - Plaza mayor /

                                                                                 

Merida 4

/ Merida - Teatro romano  /

 

Aljucen 7 / Aljucen /

                                Aljucen 6           / Aljucen /            

 

Casar de caceres 1

/ Casar de Cacères - Plaza de España /

                                       

Galisteo 1 /  Galisteo /

Oliva 4

/ Oliva de Plasencia /

Oliva 3

/ Oliva de Plasencia /

 

Banos 3 / Baños de Montemayor /

 

La calzada 1 1 / La Calzada de Bejar /

 

La calzada 4

/ La Calzada de Bejar /

Fuenteroble 3/ Fuenteroble de Salvatierra /

 

                

     Mirage

 

 Bien souvent, l’illusion, m’emporte de ses pas, vers d’étonnants mirages.

Ce matin, en chemin, je marchais dans la nuit, quand j’ai cru voir au loin 

les lumières d’un village dans l'horizon d'une ombre.

 

Ce n’étaient que les feux,  aux yeux illuminés,

 D’une centaine de chats, géants et côte à côte.

Et l’affût d’un silence aux oreilles pointues.

 

San pedro 3 / San Pedro de Rozados /

 

Salamanca 12 / Salamanca- Plaza Corrillo /

  Salamanca 13

/ Salamanca- Calle Compaña/

Salamanca 14 / Salamanca- Plaza Mercado/

Salamanca 15

/ Salamanca- San Martin /

Salamanca 16

/ Salamanca-  La madre de Dios - La  Purisima Concepcíon /

                 

Salamanca/ Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                       Salamanca

 

Salamanca/ Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014                                                     Salamanca

 

Calzada de V./Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014                              Calzada de Valdunciel

 

Calzada deValdunciel/A5

                                               Calzada de Valdunciel

 

Villanueva de Campean/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                              Villanueva de Campeàn

 

Zamora//Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                            Zamora

 

Zamora

  

Que fait Dieu sous les voûtes de ce jardin païen?

D'argent à sept ciels, un grand autel brillant;

un long Christ de cire,

fesses à l'air et sans couilles,

s'étend sur un drap blanc.

On dirait un drap-housse,

une plissure de coton,

 et de lys,

 et de roses,

 et de parfum d'encens.

 

Bientôt il sortira

dans une procession

de grands cornets à glace

comme des capuchons,

comme des bonnets d'âne

d'un seul sommet pointu avec des trous dedans

 

Il ira en fanfare,

dans la clameur des fouets.

 

Zamora//Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                                     Zamora

 

Le nuage.

 

Là-bas, les éoliennes,

au loin d'un arc-en-ciel

tire un puissant nuage.

 

C'est une caravelle! 

 

Derrière ses hélices,

vient tout un bataillon d'oriflammes poudreux

et les chevaux ailés de grands cavaliers bleus.

 

 Ici, la poésie a rompu la montagne.

 

 Comme elle marchait vers moi,

vint un astre soudain

porteur d'un nouveau jour.

 

Montamarta/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014                                                        Montamarta 

 

Montamarta/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                         Montamarta

 

Tabara/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                                     Tábara

 

Orellos de T.Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014                                                      Olleros de Tera

 

Mombuey/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                               Mombuey

 

¡Ave de paso, garrotazo!

 

 

Lubian/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                    Lubián

  

O Cañizo, O Pereiro

 

 Statue de  Pâques, singe à grande bouche!

 dans le ruisseau coule le fer

 et dans la pierre, un chant. 

 

 Ici , les genêts ont brûlé ;

 les abeilles gémissent de  bois secs.

  Dans le cri aigü des souches,

 leurs rameaux font au ciel 

 un horizon pelé.

 

 

 

Un lézard s'efface au vol d'un rapace!

 Et des murs, et des murs, et des murs

 et des murs de pierres sèches aux épines de pierres plates.

 

  Des ronciers grouillent!

 Et des murs, et des murs, et des murs, 

 et des murs en chemin  creusant une forêt

 de chênes en  ombres,

 de fougères, de chants d'insectes.

 

 L'eau se parfume de murmures tournants,

  quand sourd d'un ciel à sec,

 un lézard au sang froid.

 

Ecoute, s'il brûle!

 

Et des murs, et des murs, et des murs...

 Ils ont bien dû marcher ces longs chemins de pierre!

 Elles ont bien dû rouler ces imposantes sphères!

 

 Rus chavirés surgis des temps anciens,

 ou charmes telluriques d'un mage galicien ?

 

 Ils ont bien dû fleurir ces genêts entêtés

 Elles ont bien dû ramper ces pierres enchaînées

 comme elles ont du pleurer dans les brumes amères,

les lézardes et les murs, et les murs et les murs.

 

A Gudina/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                  A Gudiña

 

 

L'instant

 

Tourbillons immobiles,

de grands bouquets tyriens perçent les  pierres vertes.

 Les mouches s'avancent vers la pluie.

 

D'une goutte de terre,

L'épine crève un  nuage.

 

Tourbillons immobiles,

des chous de haute tige, bercent les  deux bras gris

d'une blouse à carreaux.

 

D'une goutte de terre,

L'épine crève un  nuage,

de mûres et de bruines.

 

 

Laza/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                        Laza

 

Ourense/Crayon 2B sur Canson 180g/A5/2014

                                                                                          Ourense

 

Camino  Primitivo

 

D'Oviedo à Santiago de Compostela

 du 29 juillet 2012 au vendredi 10 aout 2012.

 

Cp oviedo / Oviedo /

 

Cp oviedo2

/ Oviedo /

 

Cornellana/San-Salvador/Crayon 2B/Format 13,5 x 21,5/Août 2012.

/ Cornellana /

                                                

 Cornellana/ Rue/ Crayon 2B/ Format 13,5 x 21/Août 2012.

                                                                                                                                      / Cornellana /

 

  Les épouvantails

 

Ce sont de grands fantômes qui flottent entre les fruits

 dans des robes de chambre,

sur des manches à balais, sous des pulls à carreaux,

ils ont la tête ronde et font peurs aux oiseaux.

 

Pola de Allande/ Coté rivière/Crayon 2B/Foramt 13,5 x 21,5/Août 2012.

                          / Pola de Allende /                              

 

 

Les abords de la route

 

Dehors les vents qui saignent ont des rumeurs de bruits.

Ils meulent d'un trait noir les feuilles et les fruits.

Ils crissent de vitesse et gémissent de pneus.

dans la brûme des phares on pourrait voir des feux.

 

Ils  saignent l'arbre mort dans la roche écrasée,

le chant d'un oiseau sourd, coquelicot fané.

Berducedo/ Horreo/Crayon 2B/Format 13,5 x 21,5/ Août 2012.

                     / Berducedo /                     

 

                                                                

Intrusion

 

Parurent deux chevaux blancs montés de cavaliers,

comme vient un nuage, découpés d'auréoles.

 

 

De la chair des montagnes

 

En mille feuilles grises et bleues,

l'huitre a pris chair de montagne:

entre la ronce et la bruyère,

l'iode murmure un chant violet.

 

M'allongerais-je ici dans sa gorge de menthe

sous un parfum rosé de fleur éclaboussée?

 

la lumière s'y amuse au matin dans sa langue,

léchée à petit feu sur la nacre immobile

lancée en polylobes,

dispersée en pagaille.

Elle  recouvre d'un lit la fleur et ses entrailles.

 

Grandas de Salime

                    / Grandas de Salime /                         

 

 

 Le dragon 

 

Souvent pour m'amuser, je cherche des images,

dans les mailles d'une souche, dans l'aura d'un nuage.

Souvent; le plus souvent, je ne les cherche pas.

Elles viennent, les intruses, au revers d'un passage.

c'est ainsi, qu'en sa crypte, j'ai croisé un visage

aux écailles de mousses, revêtu d'un autr'âge.

 

A Fonsagrada/ Du bar/ crayon 2B/ Format 13,5 x 21,5

                              / Fonsagrada /                            

 

 

 

Les nouvelles du jour

 

Le soleil lavé d'eau,

ébouriffé si vague, comme un grand autocar

et la pluie insouciante d'un chant si lent,

 de gris morne. 

 

 

O Cadavo Baleira/ Les poules en bas/Crayon 2B/Format 13,5 x 21,5/Août 2012.

                              / O Cadavo Baleira /                                

 

De Galice, les murs.

 

Là, sous le bois, de mousses rondes épices,

les piles d'un vieux mur s'ordonnaient en séquences

de piles aux dents pointues,

d'osselets enterrés

 et de longs courants d'ombres retenues à deux mains,

caresses appareillées

et sortilèges anciens de ces murs de mystère,

antennes d'un vieux monde, survenu et soudain.

 

là-bas, les murs dormaient si secs,

de plaques en potelets,

ils muraient les courants

 et barraient l'horizon 

 aussi droit qu'une tombe.

 

Du serpent sinueux qui jouait de son onde,

ils n'auront retenu que le fil électrique

de son poison crasseux.

 

Lugo/Rue/crayon 2B/ Format 13,5 x 21,5/ Août 2012.

/ Lugo /

 

                                                                     

 

San Roman de Retorta/ Sur le chemin, dans les bois/ crayon 2B/ Format 13,5 x 21,5/ Août 2012.

                          / San Roman de Retorta /                        

 

                                                               

   Albahaca

 Comme éclairée de brûme,

 je l'écoute.

 Effacée dans le matin de l'ombre,

sentinelle du jour.

 

Melide/Rue/La chica de canaria/crayon 2B/ Format 13,5 x 21,5/ Août 2012.

                                          / Melide /                                          

 

 

 

FINISTERRE

 

p1010144.jpg    

                                                                                                                                                         A David, du chemin…

 

Le soleil dit-il,

 

 Et la mer, sur sa peau, brillait, grand coquillage,

A l’amarre de son cou, au sable d’un rivage

cherché du haut des vagues, vers l’horizon couchant

et trouvé sur la plage, au retour de l’Orient.

 

La rougeur des eaux vertes, l’empreinte d’un chemin

formulait sur le sable son sinueux dessin :

depuis  Jérusalem, ou Rome ou Compostelle,

l’éventail d’un  feu couvait en étincelle.

 

Il ouvrait ses dix doigts au pied d’un phare brûlant

aussi fort qu’une étoile dans l’ivresse du vent

(quand il joue des haillons  portés à l’offertoire

aux bras des sémaphores agités d’au-revoir).

 

 

Le soleil disait-il,

 

 Et les rochers de brumes aux lents feux espérés,

dans les bûchers d’adieu, doucement crépitaient.

Consommé de savates aux sourcils de bois,

Froncés de souvenirs aux murmures  sans voix.

 

Je n’imaginais pas un tel Finisterre,

Blanchi de rochers noirs que les vagues enterrent.

J’avais rêvé d’un havre plus sûr en solitude

Où les pas endormis versent un lit de  quiétude.

 

Scintillance apaisée d’une grève charnue

aux lèvres d’une lune, caressant mes pieds nus

 dans le silence  et seul,  sous le ciel sans ombre,

 face au rouge horizon d’une étoile qui sombre.

 

 

Un soleil dit-il

 

 Et la main emportée  vers un lointain  couchant

déclinait des chansons au fil d’éclairs blancs

 qui découpait  la nuit de morceaux ajustés

 par tenons et mortaises dessinés à la craie.

 

 Il était revenu jusqu’au même rivage

chercher comme autrefois un nouveau coquillage

mais  sous le ciel ouvert où manquait une pièce,

 il ne trouva  plus rien  que la plage  délaisse.

 

 Alors, serrant la main contre son pendentif,

Il largua les amarres de son intime esquif,

 Et d’un papier plié, voilier de caniveau,

au souffle d’un secret, il le remit à l’eau.

p1010157-1.jpg 

 

Mercedes -San Roman da Retorta
22/08/2012 18:57:44
juliaregia@yahoo.es
-

Sur : CAMINOS 4

Buenas Eric
Maravillosos dibujos y poetica descripcion del Camino

 

 Camino Francès

 

De Saint-Jean-Pied-de-Port à Santiago de Compostela

 du 25 juillet 2008 au 22 aout 2008

 

 

Logrono/ Taberna Portales/ 14 x 21/ crayon

                                 Logroño mais revenu sur mes pas en 2014 

 Torres del rio feutre 2008

                                                                                       Torres del rio

 

Immensément rond, bleu du ciel,

je te connais: tu es un oeil!

Par l'au-delà de ton cristal,

les rayons du monde s"épanchent.

A l'horizon, comme onde claire,

Tu es la loupe qui les recueille.

 

Ecarquillées et wagabondes,,

étoiles!

Vous bruliez comme des trous dans la cornée obscure.

Farfadets, feux follets, lanternes en dérive,

vous hantez les fins-fonds.

Je vous clouerais à  mon plafond,

si vous ne dansiez toutes.

Et si je n'en craignais l'ouverte cicatrice,

je vous attacherais à mes notes de route,

épinglés à des noms épitaphes ou factices.

Rond, rond et noir, ô bleu-du-ciel,

je te verrais bien d'un autre oeil,

télescope ahuri, résultat d'équation.

Mais de l'observatoire où j'ai creusé mon seuil,

mon coeur ne retient plus

 aucune explication.

 

Granon stylo bille 2008

 

Arboles  feutre 2008

 

Des écrevisses blancs ( ce sont des éoliennes)

s'immolent aux grands vents que les sommets retiennent.

Ce sont, vivants chardons,aux creux de blés si mûrs,

les feux coquelicot d'un sortilège obscur.

 

Les sorciers aux yeux ronds les ont mis sur ces crêtes

pour que de leurs doigts blancs, elles captent les tempêtes.

Mais pourquoi laissent-elles à mes pas empressées

le remord et l'humeur des mauvaises pensées?

 Tosantos crayon 2B 2008

 San Juan de Ortega crayon 2B 2008

    San Juan de Ortega crayon 2B 2008  

 

San juan de Ortega

San juan de Ortega crayon 2B 2008 

 Bruyères, pins, cailloux bruns et ronds, j'ai fait le tour des éoliennes.

Elles étaient si lointaines.

Les voilà de dos, immobiles, inutiles et vaincues.  Là, depuis mon départ,c'est leur troisième rideau.

 Comme des clochers de village,elles jalonnent.

Mais rien ne les accompagne.

Juste un  grand champ rocheux aux odeurs de réglisse.

Je me rappelle Apcher, la Margeride.

Soldats armés sur la courtine, elles vivent en bandes.

Je les contourne

au creux d'une abbaye, rencontrée vers midi.

 

Burgos crayon 2B 2008

Vaine poussière, murmure calciné,

mon ombre a caressé ce long chemin brûlé

comme une lèvre sèche.

 

 De sa pulpe gercée, succulents et dorés,

babillent des cailloux et des pierres roulées.

Un long corps les étreint.

Ici ,l'arbre pensif appareille en rêvant.

Là, écrasé d'enseignes et de goudrons bruyants,

il passe, ne sait plus

que le grand feu du ciel a choisi ma casquette

pour offrir à la terre, silencieuse et muette,

le baiser d'une étoile.

 

 Carrion de los contes

 Burgos crayon 2B 2008 

/ Burgos /

 

burgos crayon 2B 2008

  / Burgos /

 

Torrecillo de los templieros crayon 2B 2008 

 

 

Bercianos crayon 2b 2008

/ Bercianos /

 

Ainsi, je contournais le silence abîmé du droit itinéraire.

En marge de sa ligne, le sillon de la terre m'écrivait un chemin.

à la piste torride, je préférais l'ornière,

imparfaite mais fertile en malicieux dessins.

Ainsi d'argiles en sable, s'imprimaient les semelles

de mes pas bifurqués vers ces nouvelles pages

où les pensées defilent en mots et ritournelles

comme l'eau d'un ruisseau inondé par l'orage.

ainsi, ornés de ronces où mes jambes se griffent,

hantés par les chardons triomphants et fanés,

 s'ouvraient des horizons au frémissant esquif

battelé par les vents tel grains en épis.

ainsi, je retrouvais par les champs de maïs,

la dorure des blés où roulaient nos cheveux.

L'ombre des jeux d'enfants s'y jouait en coulisse,

les rumeurs de nos vies, les chagrins de nos voeux.

tu revenais ainsi, ô quête émerveillée,

sur un autre chemin loin du bruit de la route,

et à ce libre pas où tout m'était dédié,

mon coeur aurait connu l'amertume du doute? 

 

 Leon crayon 2B 2008

 

Observant le reflux de jalons immobiles,

je ressentis la terre comme un ballon géant

je palpais de mes pieds son mouvement agile.

J'étais l'équilibriste d'un cirque itinérant.

 

Invariable , virtuel, se dessinait un axe

où s'enroulaient les mondes dérobées sous mes pas.

Leurs longs, lents, tourbillons m'apprenaient la syntaxe

de la langue des vents qui me lèchaient les bras.

 

Qu'en un voile de feuillage, les horizons s'écartent!

Qu'au seul son de mon pas , ils mènent aux voyages

tous ces corps étendus en silencieuses cartes

et se laissent admirer en dormant paysages!

 

 Astorga feutre 2008 

Hospital de la Condesa crayon 2B 2008 

 Ecoute au creux des vents les chants de l'herbe blonde,

murmure vascillant au chatoiement de l'onde,

matin.

Ecoute au  coeur des brumes, la bruyère qui gémit

d'une harpe d'agrume, un clavecin s'enfuit

matin.

Ecoute sifflotant sur des genêts d'argent

l'éclat de justes touches et les feux caressants,

matin.

Ecoute au voile flou des lointains les plus doux,

l'écho d'une clochette parmi les chênes-houx,

matin.

Ecoute bêler les monts et japper les vallées,

le ronron des chemins pleins de mots de mots dissipés,

matin.

Ecoute les poussières martelées sous ton pas

et le lent métronome de ton bâton de bois,

matin. 

Ecoute l'oiseau bleu qui surgit et s'envole,

il dévoile du jour sa première parole:

va!

Foncebadon crayon 2B 2008

 

Les conteurs anciens nous racontaient le monde en ses métamorphoses:

la pierre devenait vie, le silence chansons.

Les sachants éclairés aujourd'hui nous imposent

la raison de déduire le dit du déjà dit.

 

Ponferrada crayon 2B 2008

Au chant coupé de l'herbe fraiche,

àl la verte tomate, salut!

De boucles d'or en blondes mèches,la chevelure des talus

ouvre au tranchant d'une arme brève

l'ardente saveur de son cri,

clameur égorgée d'une sève

vomie au piquant des orties.

 Vert, vert, le sang des fleurs ététées

dégueule un chatoiement d'ivresse

par les plaies de leurs coeurs émiettés

de blancs parfums et d'allégresse.

 

Demain leurs corps pourris, balayés par les vents

iront,la peau flètrie, murmurer d'autres chants.

amère et moete cendre qui pue le chien mouillé

purains morveux et tendres, fumiers éparpillés.

Devrais-je en amant triste en porter les regrets,

les compter sur la liste des passants oubliés,

les laisser divaguer parmi les fièvres folles,

jusqu'au mourant été où leurs tiges s'étiolent?

 

Je n'aurais jamais su les parrfums capturés

ni l'exhalison nue de leurs âmes expirées.

C'est à leur sacrifice, total et ahuri,

qu'elles ont été complices de mon coeur ébahi

Aux heures accomplies de leurs vie bien réglées,

je n'ai pas même envie de cueillir un bouquet.

 

 

Hospital de la Condesa

Palas del rei crayon 2B 2008

Chapelet d'araignées en perles,

avés et paters au poignet

épines couronnées de merles,

brumes voilées de mariées,

au bois-joli du chat-perché

mon coeur gémit les matins doux

réveillés aux pensées cachées

sur l'oreiller contre ma joue.

 

Des rose bleues de ton peignoir,

tu ouvrais aux rayons du jour

l'oeilleton de ma chambre noire

sur mes rêveries au long cours.

Et dans la buée, sur le carreau,

j'écrivais de mes lèvres tendues

un blanc baiser à demi-mots

aux chants qu'il me laissait entendre.

 

Tous les oiseaux de Blanche-Neige

papillonaient pour les matînes

au rond tourbillon des manèges,

une cantate de comptines.

 

Et je me recueillais

à cet instant fragile

au creux du nid douillet

qu'emmitouflait le ciel.

Les yeux  ébouriffés

par des genêts d'argent,

j'atteins la rive aimée

de ces heureux moments.

 

En nageant dans la brûme

où s'est perdu le bois,

je cherche, par l'écume,

la coquille de noix

qui de cet océan

aux pieuvres de branchages

unira mes instants

à leurs amples feuillages.

 Arzua crayon 2B 2008

     Santiago de Compostella crayon 2B 2008

 

                  Santiago de Compostela

 

 

 

Santiago de Compostella crayon 2B 2008 

                                                                                                                          Santiago de Compostela

 

 

 

Françoise
22/08/2013 16:13:54

Quelle émotion ! Tes dessins magnifiques et les mots qui s'y entremêlent comme une évidence. Lumineux !

Pilar
10/03/2013 19:31:56

Hola peregrino, lo prometido es deuda. Me ha gustado mucho tus dibujos, son maravillosos.
Animo, buen camino.

Maëlia
07/02/2012 18:51:06

c'est vraiment très beau et mériterait une impression sur papier afin de pouvoir le consulter en Chemin. Merci !

PILAR AMIGA DEL CAMINO DE SANTIAGO
02/11/2011 15:34:58

Que buen recuerdo tengo de como hacías tus dibujos en el Camino, buena suerte Eric

Pilar
06/03/2011 17:30:00

sin duda la mas real descrición del camino que he leido, gracias Eric, por expresar lo que tantos sentimos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (5)

1. Dominik (site web) 13/05/2017

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2. Françoise 22/08/2013

Quelle émotion ! Tes dessins magnifiques et les mots qui s'y entremêlent comme une évidence. Lumineux !

3. Mercedes -San Roman da Retorta (site web) 22/08/2012

Buenas Eric
Maravillosos dibujos y poetica descripcion del Camino

4. Maëlia (site web) 07/02/2012

c'est vraiment très beau et mériterait une impression sur papier afin de pouvoir le consulter en Chemin. Merci !

5. Pilar 06/03/2011

sin duda la mas real descrición del camino que he leido, gracias Eric, por expresar lo que tantos sentimos

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